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Oussama Moukmir, des techniques ancestrales à la société de demain 2/2

Oussama Moukmir | 2 février 2026

Introduction

À l'occasion du tournage du documentaire De terre et d'eau au Maroc, Antoine Basile et Ulysse Rousselet (Atelier Géminé) ont rencontré cet entrepreneur investi depuis une vingtaine d'années dans l'éco-construction et en particulier les techniques de la terre crue. Cet engagement professionnel véhicule une vision aussi radicale qu'optimiste et ambitieuse des évolutions sociétales à venir, inéluctablement, et à porter, aujourd'hui. Voici la deuxième partie de cet entretien (lire le premier volet).

Ecosystème favorable

Y a-t-il une partie pédagogique, de transmission, dans ton travail ? Lors des chantiers, faut-il convaincre les gens ? Plus largement, à l’échelle du pays, même s’il y a cet intérêt dans les écoles d’architecture, un architecte ne décide pas seul de construire en terre : il faut qu’il existe un écosystème favorable. Comment procèdes-tu ?

Premièrement, je suis obligé de communiquer, sinon je n’ai pas de travail. Pour communiquer, il y a plusieurs manières de le faire, évidemment les réseaux sociaux mais avant cela, j’étais obligé de faire des conférences dans les écoles d’architecture. De fil en aiguille, je me suis retrouvé à enseigner à l’école d’architecture de Marrakech où je suis resté pendant six ans, et à l’école d’Agadir pendant une année. Je me suis rendu compte que ce n’était pas du tout enseigné. En tout cas, on ne donnait aux étudiants que quelques brèves informations, mais cela ne leur permettait ni de s’intéresser, ni de maîtriser les choses. Avec cela, comment voulez-vous qu’à la sortie ils puissent proposer quelque chose à leur client éventuel ? C’est impossible.

Ensuite j’ai fait des ateliers pour enfants. J’avais un client pour lequel j’avais fait un projet en 2013, une sorte de ferme pédagogique. Cette ferme a eu pour vocation de faire des ateliers. Ainsi, pendant quatre ans, j’ai fait des ateliers pour enfants âgés de 4 à 13 ans. Un atelier terre, pour les tout-petits, c'était manier la terre, savoir que c’était un matériau non nocif, qui, contrairement à ce qu’on croit, ne salit pas, etc. En fait, la terre est un matériau qui guérit les blessures, les animaux le savent mieux que les humains : quand un âne un se blesse le dos, il se roule par terre pour mettre les argiles dans la blessure et cela bloque toute sorte de prolifération de bactéries. J’avais des retours très intéressants, puisque les enfants n’ont pas de conscience par rapport à la construction. Ils ne sont pas récalcitrants, ils prennent beaucoup plus les informations de façon évidente.

Ensuite, j’ai essayé de rentrer en contact avec le ministère de l'équipement : ils étaient instigateurs du règlement parasismique de la construction en terre, donc ils étaient déjà connaisseurs.

J’ai essayé de créer une association qui s’appelait Labina [1] à Marrakech, avec un bon nombre de projets d’assistance, notamment dans le monde rural, pour les gens qui étaient porteurs de projet de construction. L’objectif de l'association était de les assister gratuitement, de leur fournir des plans, d’essayer de faire en sorte qu’ils construisent avec les matériaux du site, pour éviter la monoculture des matériaux industrialisés.

Oussama Moukmir, des techniques ancestrales à la société de demain 2/2
Prototypes de formation de l'association Labina // Raphael Pauschitz / Topophile

Donc il y a eu plusieurs plans. Pour l’avenir, je pense qu’il faut un centre de formation. On ne peut pas se contenter des écoles d’architecture ou d'ingénierie pour faire cette formation-là, ce n’est pas quelque chose qu’ils vont faire instinctivement tout de suite. Il faut un centre de formation et une fédération qui réunit les professionnels du monde de la construction écologique, vraiment au sens très large, pour que l’on puisse avoir l’oreille et l’écoute des décideurs, parce que c’est un droit, aujourd’hui, que d’avoir la possibilité de construite avec des matériaux propres. Ce n’est pas un luxe, mais un droit élémentaire, cela fait partie des besoins élémentaires de l’homme.

Comment procèdes-tu sur les chantiers ?

J’ai regroupé un certain nombre de chefs de chantier et de conducteurs de travaux. On n’engage pas forcément des personnes qui sont déjà spécialisées. On prend des maçons lambda. Et c’est une bonne nouvelle : on n’a pas besoin d’être spécialiste de cela pour pouvoir pratiquer ce métier. Simplement, il faut être encadré au début et même tout au long du processus. Aujourd’hui, on a des maçons qui viennent de la filière béton-armé, ciment, etc. Ils travaillent très bien et donnent de la qualité, parce que les règles de la construction sont toujours les mêmes : la planéité, le fil à plomb, etc. Ce sont les mêmes façons de faire, seule la mise en œuvre du matériau est un petit peu différente. On n’a jamais eu de gens qui nous disent que cela ne les intéresse pas. Cela les intéresse parce qu'il se rendent compte qu’ils sont dans une dynamique spatiale. C’est un écosystème aussi, ce n’est pas juste pour l’argent. Ils se rendent compte qu’ils sont face à des clients sympathiques, peut-être un patron ou un dirigeant dont on sent qu’il essaye de faire les choses correctement. Donc, pour eux, c’est un petit plus, parce qu’ils font partie d'une dynamique sympathique ; et ce n’est pas négligeable.

Convaincre une clientèle

Le client est-il convaincu dès le départ du matériau terre ?

Maintenant, je suis contacté généralement par des gens qui veulent, dès le départ, construire en matériaux naturels. Au tout début, ce n’était pas le cas. Je devais monter au créneau, en allant voir les architectes pour les convaincre, en leur montrant les références, etc. Aujourd’hui, certains clients veulent un environnement propre, naturel, avec toute la technologie dont ils ont l’habitude. D’autres viennent avec des idées très définies, par exemple : « je veux une maison en blocs de terre comprimés », ou « je veux des murs en pisé, des toitures en bois ». Il y a une prise de conscience qui ne concerne pas que le monde de l’architecture, mais qui touche au mode de vie en général. Les gens ne veulent plus n'importe quoi, ils veulent s’habiller correctement, évidemment habiter décemment et correctement. Il y a différents niveaux de conscience. Certains en sont au même point que moi au niveau théorique, mais ont juste besoin de quelqu’un pour le mettre en œuvre. Aujourd'hui, le seul sujet sur lequel je dois essayer de convaincre concerne le fait de construire uniquement en terre porteuse. Dans ces cas-là, je peux informer, en expliquant que le cadre légal existe, que les garanties sont là, etc.

Grenier en pisé dans la vallée des Aït Bouguemez // Sarah Ador / Topophile

Enseignements du patrimoine

Que peut nous enseigner le patrimoine ?

Tout. Le patrimoine est un passage obligé. En fait, le patrimoine est une arme à double tranchant : les pays où l’on entend la phrase « la terre est le matériau du pauvre », sont les pays qui possèdent un patrimoine en terre important. À l’inverse, dans les pays qui n’ont pas de patrimoine en terre, l’Australie et l'Amérique du nord par exemple, les gens disent plutôt que c’est le matériau du riche. Le patrimoine peut renvoyer cette image de précarité, parce que cela fait presque cent ans qu’on ne construit plus en terre de manière globale. Les bâtiments commencent à être vétustes. On voit des bâtiments qui croulent, non entretenus, mal aimés. Donc finalement, les gens se disent : « si c’est ça la terre, je n’en veux pas ». Et ils ont raison à ce niveau-là. Mais en contrepartie, nous avons aussi des bâtiments d’excellente facture, qui ont mille ans ou plus. La mosquée de la Koutoubia [2] a 900 ans. Nous avons des ouvrages de 950-980 ans à Marrakech. Donc lorsqu’on entend dire que « la terre n’est pas durable », c’est dérisoire. Ainsi, le patrimoine est porteur des deux extrêmes en termes de durabilité et de solidité. Mais, dans la terre, on peut aussi faire du mauvais travail, ou du travail de dépannage. Quelqu’un qui veut faire quatre murs ne veut pas forcément faire des fondations de qualité, ni de bons soubassements, enduits, couverture, … On a tendance à voir de petits bâtiments pas très bien faits à la base, qui ne vieillissent pas très bien, plutôt que d’étudier certains ouvrages importants, des palais, de grandes mosquées, qui sont en fait la référence. Nous avons ces références-là qui existent, qui sont là, mais nous avons aussi beaucoup de petits ouvrages qui déconsidèrent le matériau.

La Koutoubia, Marrakech // Sarah Ador / Topophile

Le patrimoine peut nous donner toutes les solutions constructives dont nous avons besoin. Quand on veut construire en terre, le plus facile c’est le mur. Mais le patrimoine, lui, nous donne tout ce qui a pu être possible de réaliser sur des centaines voire des milliers d’années. Donc on peut s’en inspirer, prendre les choses telles quelles. Mais pour certaines on ne peut plus pour cause de pénibilité, parce que ce n’est pas écologique, ou alors parce que cela nécessite des choses qui n’existent plus, car la matière première n’est plus disponible,…

Je n’ai pu vraiment avancer dans ma connaissance que grâce au patrimoine. J’ai suivi le cursus classique, celui de la documentation via CRATerre, mais on se retrouve bloqué assez rapidement, parce qu’ils ne traitent que des murs en terre et de certains enduits. Comment faire les fondations ? CRATerre met des dessins à disposition du lecteur, mais comment les réaliser ? Est-ce qu’elles sont adaptées au site dans lequel où l’on se trouve ? Comment réaliser la couverture ? Le CRATerre peut préconiser des coupoles ou des voûtes en terre, parce qu’il ne traite que de la terre en structure, mais il est aujourd’hui difficile de placer une coupole dans de l’architecture moderne. Je suis arrivé à diversifier ma connaissance parce qu’au Maroc nous avons une grande diversité géologique et climatique, donc nous avons tous les types d’architecture possibles avec des matériaux locaux. Les solutions, je les ai donc directement tirées du patrimoine. C’est simple d’y accéder, notamment à travers l’observation des bâtiments démolis. Quand un bâtiment est sain, il ne vous donne que l'architecture et l’esthétique. Mais quand il est démoli, il est possible d’appréhender la manière dont il a été construit, quelles ont été les solutions qui ont été choisies, des fondations jusqu'aux toitures. Cela est possible grâce à la détérioration du patrimoine. Donc, on peut voir un patrimoine détérioré comme une excellente école, au niveau de l’ingénierie et des choix constructifs. Ces bâtiments nous offrent de réelles vues en coupe, chose qui n’est pas possible sur des bâtiments neufs. De l’extérieur d’un bâtiment neuf, on ne peut avoir qu’une vue superficielle de la technique de construction.

Le patrimoine donne énormément de solutions pour l'éco-construction. D‘ailleurs, les pays où il n’y a pas de patrimoine, n’ont pas évolué au niveau de leur éco-construction. Si l’on prend l’exemple des États-Unis, du Canada ou de l'Australie, ils ont des murs en terre mais ils ne font que perfectionner la partie « mur », le reste ne se développe pas beaucoup. Ils utilisent du béton armé pour les fondations, des dalles en béton, bois ou tuile, mais cela n’évolue pas en réalité. Cela devient juste de plus en plus cher parce que c’est de plus en plus travaillé, mais ce n’est pas l’objectif. Les vrais objectifs de l’éco-construction consistent à diminuer les coûts et augmenter les garanties. Autrement, on retombe dans un système capitaliste de plus en plus cher et de plus en plus élitiste, ce qui n’est pas le but recherché.

En éco-construction, on commence par expérimenter avec ses connaissances. Lorsqu’on arrive à la fin de ce qu’on peut faire avec sa propre intelligence, on peut se tourner vers le patrimoine, pour essayer de comprendre comment les anciens résolvaient telle ou telle problématique. On peut alors intégrer quelques-unes de ces solutions mais aussi en identifier les limites. Il faut alors expérimenter des choses complémentaires pour faire évoluer et augmenter la qualité des techniques, qui peuvent être adaptées à la restauration du patrimoine. Ainsi, on redonne de la valeur au patrimoine, en échange de ce qu’il nous a enseigné. Mais on est très freiné dans l’acte de restaurer avec des conventions telles que la charte de Venise [3]. L’éco-construction permet cependant de développer des solutions qui peuvent être réinjectées dans le patrimoine, ce qui établit un équilibre de principe : on prend et on redonne, en échange.

Tourisme et patrimoine

Quel est l’avenir du patrimoine en terre selon toi ? Les projets touristiques ne sont-ils pas parfois contre-productifs ?

C’est une question d’approche. À ce sujet, j’ai une idée que j’ai déjà commencé à mettre en œuvre. Quand on a un patrimoine monumental important, la solution est très simple : il faut en faire un centre de formation. Prenons l’exemple d’une Kasbah. L’avantage de la Kasbah, c’est qu’elle représente ce qu’on a pu faire de mieux dans un territoire donné. Elle présente un caractère monumental. Il est difficile de bâtir de grandes hauteurs avec un matériau aussi « faible » ; il faut avoir du courage et une connaissance bien solide. Ce sont des gens qui avaient confiance en leur matériau et en leur capacité à gérer ce matériau, sinon ils n’auraient pas construit quatre ou cinq niveaux. Même avec le béton armé, au bout de cinq niveaux, on commence à se demander si le travail a été fait correctement. Donc ces gens avaient un grand savoir-faire avec le matériau terre. Imaginons que l’on prenne une Kasbah dans une région donnée et qu’on en fasse un centre de formation. Ce centre va drainer des apprenants, et grâce à ces apprenants, qui vont payer modiquement leur stage ou leur formation, on va pouvoir restaurer le bâtiment. Au bout de deux, trois, ou quatre ans, ce bâtiment va devenir impeccable, et réellement stable dans le temps. Et par la même occasion, il sera un conservatoire de ce qui peut se faire de mieux dans cette région. Un bâtiment monumental contient forcément ce qu'il y a de mieux, car sinon, il n’aurait pas tenu dans le temps.

Kasbah en terre crue à Aît Ben-Haddou // Raphael Pauschitz / Topophile

Si l’on reproduit cela sur plusieurs territoires, on générera de la conservation, de la transmission de savoir, et des projets qui n’ont pas besoin d’être financés, surtout. Il suffit d’en faire un, puis les gens qui sont porteurs de ce genre de projet vont venir eux-mêmes vers cette dynamique. C’est du tourisme culturel, un tourisme de l’apprentissage. C’est un tourisme durable, de fait. C'est aussi un tourisme qui se base sur le respect du lieu. On ne vient pas séjourner pour chercher tel ou tel élément de confort ou de luxe. Cela devient secondaire quand on vient pour apprendre. Ce qui est essentiel, c’est la ressource locale, humaine et matérielle. Ainsi, quand on vient vers ce genre de territoire, on vient dans le respect, on apporte quelque chose, et on repart avec un sentiment de gratitude. C’est un modèle de développement. Si, au contraire, on fait un projet touristique, en visant un retour sur investissement financier, ça ne peut plus réellement marcher, ou alors uniquement avec une clientèle très haut de gamme. Cela exclut les gens du plaisir qui peut être procuré par le fait de venir habiter dans des constructions minimales, finalement : c’est le minimum que l’on puisse faire pour l’être humain, que de bien le loger.

Si l’on choisit de faire un centre de formation aujourd'hui sur l’éco-construction, on risque d’avoir des réticences… Mais si l’on se place derrière le patrimoine, on ne peut rien nous reprocher. Donc c’est cette idée-là que je veux partager avec vous : faire un centre de formation patrimoine et éco-construction, mais d'abord patrimoine. Se « cacher » derrière le patrimoine est une bonne chose, parce que personne ne peut le remettre en cause en disant que cela n’existe pas, ou que ce n’est pas possible. Il existe, et nous avons besoin de le développer. Sa majesté le Roi a lancé plusieurs opérations de restauration des anciennes médinas, c'est-à-dire qu’il y a une réelle dynamique dans ce sens.

Enjeux de formation

Si l’on veut faire un centre de formation, il faut des formateurs. Est-ce que tu penses qu’il y a suffisamment de personnes intéressées ?

Si l’on fait une annonce demain, on trouve facilement 30 personnes, notamment parmi les étudiants. J’ai déjà réalisé plusieurs workshops. Pour ces ateliers de formation, il n’y a plus de place au bout d’une semaine. On est limité par la capacité d’accueil, pour loger les gens. Même dans les territoires éloignés, à deux ou trois heures de marche à pied, les étudiants viennent. Ça ne veut pas dire qu’ils payent des sommes énormes, mais étant donné que je ne me fais pas payer – je fais cela de façon bénévole –, il reste toujours de quoi organiser la formation. Les gens acceptent d’être logés et nourris de façon très modeste et c’est cela qui est génial. Ils ne viennent pas avec des exigences excessives en termes de confort d’hébergement. Ils payent 150 dirhams par jour pour être logés nourris (alors qu’un hôtel coûterait 400 à 500 dirhams). Dans ces 150 dirhams, je dégage la moitié pour les besoins du chantier. Il faut juste des grandes tentes caïdales, des sacs de couchage, et cela se passe dans une ambiance agréable. Ils ont soif de connaissance. Mais, du côté du formateur, il faut avoir un certain bagage. Pour ma part, l’expérience de l’enseignement en école d’architecture a été une chance extraordinaire, c'était inespéré. Cela m’a poussé à devoir transmettre toutes les connaissances que j’avais à des étudiants de haut niveau. Ils avaient des questions extrêmement pertinentes. Pour être crédible, il m’a fallu construire un argumentaire solide, et être capable de répondre à leurs questions.

Oussama Moukmir et ses prototypes de formation, pour l'association Labina // Raphael Pauschitz / Topophile

Il existe aujourd’hui des jeunes avec une certaine conscience environnementale : quels conseils peux-tu leur donner ?

Mon premier conseil, c’est qu’il faut se former, et ce dans plusieurs domaines, y compris l'architecture et l'ingénierie. Il faut être « homme de l’art ». Mais il faut aussi descendre au niveau de la pratique de la construction car, pour comprendre quelque chose et la prescrire, pour pouvoir la diffuser et l’améliorer, il faut la toucher. Il faut avoir des connaissances théoriques et pratiques. Il ne faut pas se gêner, il faut aller chercher la science là où elle est, sans aucun état d’âme.

Mais avant cela, il faut savoir pourquoi on fait ce métier et avoir des arguments très forts. On ne se lance pas dans l’éco-construction avec une démarche hasardeuse. Ce n’est pas une option parmi les options, c'est la seule option. Quand on démarre avec cette conviction-là, on risque d’aller beaucoup plus loin. Dans tous les domaines où l’on essaye d’aller vers le propre, le durable, le vrai, il est évident qu’on rencontre des obstacles sur le chemin. Donc plus l’énergie de départ est forte, plus on arrivera à les dépasser. Il faut s’attendre à avoir des périodes de crise, des choses qui ne fonctionnent pas, etc. Est-ce qu’on a réellement le droit, aujourd'hui, pour gagner sa vie, de supprimer les chances de ceux qui viennent après nous ? Il est essentiel de partir du principe que l’on fait cela parce qu’on n’a pas le droit de faire autre chose. C’est clair, c’est criminel. Il faut appeler les choses comme elles sont. Qu’est-ce qu’a fait Tariq ibn Ziyad [4], lorsqu’il est parti conquérir l’Andalousie ? Il est arrivé avec 70 navires. Quand ils ont tous accosté sur la plage, il a mis le feu aux navires … « La mer est derrière toi. Maintenant, fais ton choix ». Ils n’avaient pas le choix… Il faut faire cela, il faut brûler les navires. Il n’y a que cela qui marche.

Dessin représentant l'incendie des navires musulmans ordonné par Tariq ibn Ziyad pour empêcher les musulmans de se retirer de la lutte contre les Wisigoths, réalisé en 1964. // Dr. Umar Farrukh's / Domaine public

[1] https://www.facebook.com/Labina-101201578174929

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Mosqu%C3%A9e_Koutoubia

[3] 1964 : La Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites, dite Charte de Venise, est un ensemble d'orientations qui fournit un cadre international pour la préservation et la restauration des objets et des bâtiments anciens.

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Conquête_musulmane_de_l%27Hispanie