Rendez-vous

21/10/2026

13:30 – 19:00

Faire durer nos lieux de vie : pratiques, éthiques et esthétiques de la maintenance en architecture

Conférence, Projection

Paris

2026-10-21 13:30 2026-10-21 19:00 Europe/Paris Faire durer nos lieux de vie : pratiques, éthiques et esthétiques de la maintenance en architecture École d’architecture Paris-Malaquais – PSL, Laboratoire ACS, Laboratoire LIAT Nous vivons avec la croyance en la permanence de notre environnement matériel (Denis, Pontille, 2022) ; héritage encombrant d’une modernité pourvoyeuse d’architectures immanentes, hors du temps, conçues et appréciées pour des qualités formelles figées (Sample, 2016). Entretenant cette idée d’une architecture dématérialisée et déshumanisée, nous avons encoffré ossatures et tuyaux ; camouflé ventilations et évacuations. Aujourd’hui, nous épaississons les enveloppes et coulons des milliers de m3 de béton, suivant une foi inébranlable en l’inaltérabilité des équipements et des matériaux, dont nous faisons pourtant l’expérience de la fragilité (Moutal, Nichols, 2024). Or la prise en compte de la nécessité d’entretenir l’existant déplace le projet d’architecture, ses objets et ses visées, ses méthodes et ses outils, en plaçant l’usure, l’altération, la panne et les pratiques d’entretien quotidien qu’elles mettent au jour au centre de l’attention des architectes. En 1996, place Léon Aucoc à Bordeaux, les architectes Anne Lacaton Lacaton et Jean-Philippe Vassal ont préféré limiter leur projet architectural au nettoyage et au soin porté à l’amélioration des qualités de l’existant plutôt que de répondre à la commande en réaménageant la place – interrogeant ainsi ce qui fait architecture. Prendre en considération la maintenance invite à fabriquer des dispositifs d’attention pour les petits et les grands désordres du bâti, et pour les personnes et les gestes qui quotidiennement entretiennent nos espaces de vie, en prolongent la vie (Malterre-Barthes, 2022). Penser la conception par la maintenance, c’est aussi reconnaître l’importance du temps et de la durée de l’architecture ; c’est recomposer un régime de matérialité de l’architecture faisant valoir le vieillissement et la patine (Rotor, 2010) ; c’est considérer que le projet peut se faire processus et que l’entretien partagé d’un lieu peut instaurer une manière d’y être ensemble. C’est aussi considérer l’architecture comme un ouvrage en constante transformation, où le temps fait son œuvre, avec et sans architecte (Boito, 1881). Cette journée d’étude est l’occasion de rassembler différents architectes et chercheur·euses aux préoccupations variées, pour discuter des multiples questions que soulève la maintenance  vis-à-vis de la discipline architecturale, selon qu’on l’appréhende dans une perspective sociale, spatiale, esthétique et/ou politique. Qui entretient ? Qu’est-ce qui est entretenu et pourquoi ? De quels moyens disposons-nous pour représenter et prendre en compte les effets architecturaux du temps ? Que produit le projet architectural de la maintenance sur l’habitabilité des lieux, le respect d’autrui et le rôle de l’architecte ? Programme : 13h30 – Conférence de Ricardo Flores, architecte, agence Flores & Prats, Barcelone. 15h45 – Communication d’Eugénie Floret, architecte et doctorante au laboratoire Gerphau, titre de la thèse : « Au-delà du traitement, le soin de l’air : enquête sur ce que cache la fabrication de nos atmosphères intérieures ». 16h15 – Communication de Simon Givelet, architecte, président de Saisons Zéro (Monastère des Clarisses, Roubaix), doctorant au laboratoire LACTH, titre de la thèse : « Matières et styles du confort thermique : Expérimenter une réhabilitation frugale en regard des arts décoratifs ». 17h15 – Projection du film Habitations légèrement modifiées, 76 minutes (2013), suivie d’un échange avec le réalisateur Guillaume Meigneux, architecte et cinéaste, maître de conférences à l’ENSA Clermont-Ferrand. Journée d’études organisée par : Laboratoire Architecture, Culture, Société – XIXe-XXIe siècles (ACS)Laboratoire Infrastructure, Architecture, Territoire (LIAT) Comité scientifique : Stéphanie Dadour, Margaux Darrieus, Bérénice Gaussuin, Colin Reynier 14 rue Bonaparte, 75006 Paris École d’architecture Paris-Malaquais – PSL, Laboratoire ACS, Laboratoire LIAT Faire durer nos lieux de vie : pratiques, éthiques et esthétiques de la maintenance en architecture

École d’architecture Paris-Malaquais – PSL, Laboratoire ACS, Laboratoire LIAT

14 rue Bonaparte, 75006 Paris

 

Nous vivons avec la croyance en la permanence de notre environnement matériel (Denis, Pontille, 2022) ; héritage encombrant d’une modernité pourvoyeuse d’architectures immanentes, hors du temps, conçues et appréciées pour des qualités formelles figées (Sample, 2016). Entretenant cette idée d’une architecture dématérialisée et déshumanisée, nous avons encoffré ossatures et tuyaux ; camouflé ventilations et évacuations. Aujourd’hui, nous épaississons les enveloppes et coulons des milliers de m3 de béton, suivant une foi inébranlable en l’inaltérabilité des équipements et des matériaux, dont nous faisons pourtant l’expérience de la fragilité (Moutal, Nichols, 2024). Or la prise en compte de la nécessité d’entretenir l’existant déplace le projet d’architecture, ses objets et ses visées, ses méthodes et ses outils, en plaçant l’usure, l’altération, la panne et les pratiques d’entretien quotidien qu’elles mettent au jour au centre de l’attention des architectes. En 1996, place Léon Aucoc à Bordeaux, les architectes Anne Lacaton Lacaton et Jean-Philippe Vassal ont préféré limiter leur projet architectural au nettoyage et au soin porté à l’amélioration des qualités de l’existant plutôt que de répondre à la commande en réaménageant la place – interrogeant ainsi ce qui fait architecture.

Prendre en considération la maintenance invite à fabriquer des dispositifs d’attention pour les petits et les grands désordres du bâti, et pour les personnes et les gestes qui quotidiennement entretiennent nos espaces de vie, en prolongent la vie (Malterre-Barthes, 2022). Penser la conception par la maintenance, c’est aussi reconnaître l’importance du temps et de la durée de l’architecture ; c’est recomposer un régime de matérialité de l’architecture faisant valoir le vieillissement et la patine (Rotor, 2010) ; c’est considérer que le projet peut se faire processus et que l’entretien partagé d’un lieu peut instaurer une manière d’y être ensemble. C’est aussi considérer l’architecture comme un ouvrage en constante transformation, où le temps fait son œuvre, avec et sans architecte (Boito, 1881).

Cette journée d’étude est l’occasion de rassembler différents architectes et chercheur·euses aux préoccupations variées, pour discuter des multiples questions que soulève la maintenance  vis-à-vis de la discipline architecturale, selon qu’on l’appréhende dans une perspective sociale, spatiale, esthétique et/ou politique. Qui entretient ? Qu’est-ce qui est entretenu et pourquoi ? De quels moyens disposons-nous pour représenter et prendre en compte les effets architecturaux du temps ? Que produit le projet architectural de la maintenance sur l’habitabilité des lieux, le respect d’autrui et le rôle de l’architecte ?

Programme :

13h30 – Conférence de Ricardo Flores, architecte, agence Flores & Prats, Barcelone.

15h45 – Communication d’Eugénie Floret, architecte et doctorante au laboratoire Gerphau, titre de la thèse : « Au-delà du traitement, le soin de l’air : enquête sur ce que cache la fabrication de nos atmosphères intérieures ».

16h15 – Communication de Simon Givelet, architecte, président de Saisons Zéro (Monastère des Clarisses, Roubaix), doctorant au laboratoire LACTH, titre de la thèse : « Matières et styles du confort thermique : Expérimenter une réhabilitation frugale en regard des arts décoratifs ».

17h15 – Projection du film Habitations légèrement modifiées, 76 minutes (2013), suivie d’un échange avec le réalisateur Guillaume Meigneux, architecte et cinéaste, maître de conférences à l’ENSA Clermont-Ferrand.

Journée d’études organisée par :

  • Laboratoire Architecture, Culture, Société – XIXe-XXIe siècles (ACS)
  • Laboratoire Infrastructure, Architecture, Territoire (LIAT)

Comité scientifique : Stéphanie Dadour, Margaux Darrieus, Bérénice Gaussuin, Colin Reynier