Nouvelles de nulle part

Covid #8 | Du virus mutant à la ville mutable : les possibles de la mutabilité

Anne Durand | 12 juin 2020

Introduction

Malgré la crainte d’une mutation du virus, la société se déconfine progressivement et les villes tentent, à grand renfort de tracés temporaires sur la voirie, d’accompagner ce mouvement et d’adapter ses espaces à la situation. Les unes s’emparent de l’urbanisme tactique, les autres prônent la réversibilité ou la flexibilité, tandis que certaines appellent à être plus résilientes. Nous interrogeons Anne Durand, architecte-urbaniste, qui met en avant une autre approche moins passive : la mutabilité c’est-à-dire « la capacité des villes à accueillir le changement et à favoriser les possibles. »

Mutabilité urbaine

En 2017, vous publiez Mutabilité urbaine. La nouvelle fabrique des villes (Infolio), qu’appelez-vous mutabilité urbaine ?

J’ai construit la notion de mutabilité au cours de mes expériences professionnelles et de mes voyages. Toujours préoccupée par les contradictions dans les villes et des villes elles-mêmes, comme lieux de tous les possibles et de tous les interdits, j’ai cherché à savoir comment on pouvait mêler spontanéité et règles pour répondre aux besoins des gens en général. C’est-à-dire aussi combiner temps présent et temps long.

Question spontanéité, j’adore l’exemple de Bangkok, qui transforme ses trottoirs en restaurants de rue à l’heure des repas et qui empilent le mobilier dans la journée. C’est une adaptation informelle, logique car elle répond à un besoin collectif. Dans le temps long de la fabrique des villes, j’aime la notion de plan-guide, qui est un outil qui donne les grandes règles directrices, comme par exemple le dessin des espaces publics mais qui laisse beaucoup de flou aux îlots intérieurs pour accueillir l’incertitude du temps long.

Je définis la mutabilité comme la capacité des villes à accueillir le changement et à favoriser les possibles.

Vous l’aurez compris, la participation active des citoyens tout comme l’imbrication des différentes temporalités dans le déjà-là sont essentielles. La mutabilité dépasse le support spatial. Elle constitue avant tout une posture, un état d’esprit.

[Anne Durand]

Changements

Comment la distinguez-vous de l’adaptabilité, flexibilité, réversibilité, ou résilience urbaine ?

« Résilience », « flexibilité », « réversibilité », « adaptabilité »… intègrent en effet tous l’idée de changement. Mais aucun de ces termes ne convient car tous représentent une adaptation passive à un contexte existant, un déjà là. Le changement est comme subi, car la situation a changé et qu’il est nécessaire de s’adapter. Or avec la mutabilité, le contexte est actif, c‘est-à-dire qu’il est pensé pour accueillir le changement. Ce que j’aime aussi beaucoup dans ce mot emprunté au latin mutabilitas (1175), est qu’il comporte  dans  ses  racines mêmes une double temporalité : celle du mouvement (motus) donc l’idée de processus et celle du changement instantané (mutatio). Temps court et temps long sont combinés dans un même mot. Penser le temps présent avec les habitants et envisager le temps long comme un processus et non comme une projection linéaire, rigide, comme peut l’être la planification. Il y a aussi la notion de fortuna, c’est-à-dire le hasard, la chance qui est présente et qui me plaît dans ce terme. Laisser advenir…

Pour répondre à votre question, je peux revenir rapidement sur la définition de chacun des termes pour expliquer, selon moi leurs limites par rapport à ce que je porte comme approche pour les villes.

Je commence par « résilience » car c’est le plus usité actuellement. Il vient de resilire « sauter en arrière, rebondir ». Il a été utilisé dans plusieurs domaines : dans les matériaux et leur capacité à absorber un choc, en psychologie dans la capacité à se reconstruire après un traumatisme avant d’être utilisé en écologie, domaine qui nous intéresse le plus ici. En 1973, Crawford Stanley Holling, écologue canadien, définit la résilience comme « la capacité d’un écosystème, d’un habitat, d’une population à retrouver un fonctionnement normal après avoir subi une perturbation importante ». Cela m’a interrogé : comment retrouver la même identité après un choc ? Le changement est lié à une perturbation extérieure, or ce qui est important selon moi est bien l’idée de pouvoir accueillir le changement, qu’il représente un choc ou qu’il soit plus festif !

La mutabilité, pour revenir à elle, porte sur la capacité à anticiper les transformations – catastrophiques ou routinières – afin qu’elles soient rendues possibles, et même encouragées.

La ville de Paris, qui fait partie du programme mondial « 100 villes résilientes » porté par la fondation du Rockefeller Center entre 2013 et 2019, a d’ailleurs revu au fur et à mesure des années la définition de la résilience, comprenant que l’enjeu n’était pas de penser l’après-choc mais bien de se préparer au choc. Celui de l’inondation [la crue centennale] par exemple, est très intéressant : il risque d’immobiliser Paris sur un temps long, alors il est nécessaire d’anticiper et de se préparer à cette catastrophe, en invitant les acteurs majeurs des réseaux, les entreprises, à travailler ensemble mais aussi de préparer les habitants – via des volontariats – afin qu’ils coopèrent, car un très faible pourcentage des demandes pourra être pris en charge par les institutions.

Quant à la « flexibilité », elle représente l’aspect élastique, qui se laisse courber et s’oppose physiquement à la rigidité du plan, alors évidemment c’est intéressant dans un monde incertain. Mais il est essentiellement utilisé dans les entreprises pour évoquer l’adaptation au marché afin d’être plus rentable, dont la conséquence est le fameux flux tendu. C’est une notion qui ne m’a alors pas semblé adaptée dans un monde que je souhaite à l’écoute de notre environnement.

« Adaptabilité », vient de la biologie. Il décrit « l’ajustement structurel et fonctionnel d’un organisme » au milieu dans lequel il vit. L’adaptation représente une dépendance du vivant par rapport au contexte, et une vulnérabilité forte en cas de changement. Après la crise que nous avons vécue, nous voyons bien que c’est le vivant, les humains qui ont dû s’adapter à la ville dans des conditions extrêmes, tandis que les villes, elles-mêmes, ont peu présenté de changements. Nos villes ne sont pas pensées pour cela. Encore une fois, c’est un état d’esprit, nous pourrions les envisager comme capables d’accueillir le changement, elles seraient alors non pas adaptables mais mutables !

« Réversibilité », enfin, a eu plusieurs sens depuis son origine en 1610. La réversibilité évoquait un bien qui devait revenir à son propriétaire, puis a évolué vers une transformation qui pouvait être mise à l’envers comme à l’endroit. Elle connote une dimension passive, car lorsqu’on l’applique à la ville, elle peut refléter un manque de conviction. En architecture, c’est un terme très utilisé pour redonner vie à un bâtiment, pour en offrir un nouvel usage. Cesser de penser une fonction pour un espace, comme l’écrit Patrick Bouchain, c’est aussi le fer de lance d’autres architectes comme Patrick Rubin de l’agence Canal, qui conçoit des bâtiments en anticipant leurs coûts d’adaptation. Je suis convaincue que c’est un état d’esprit que tout architecte doit posséder, cependant, nous nous trouvons toujours face aux bilans économiques des promoteurs, des propriétaires, dont la pensée est fortement court-termiste. Penser un parking en silo qui puisse devenir des logements dans 20 ou 30 ans nécessite des hauteurs sous-plafonds supérieurs aux 2,20 mètres standard. L’architecte ou le maître d’ouvrage doit être réellement engagé et convaincu pour accepter de réaliser des investissements qui seront peut-être utiles dans la longue durée !

[Anne Durand]

Mutabilité organique

Cette notion de mutabilité doit beaucoup à la biologie, une ville mutable est-elle donc une ville organique ?

Un des premiers parallèles que j’ai réalisé a, en effet, été avec le darwinisme et l’évolution des espèces, avec leur capacité à s’adapter. D’ailleurs le terme de « mutabilité » est apparu en 1866 dans un livre du Docteur Pennetier sur la mutabilité organique, dans lequel il envisage que les espèces auraient évolué en vivant des transformations internes. Cependant cela ne suffit pas pour soutenir qu’une ville mutable est une ville organique.

Qu’est-ce qu’une ville organique ? Une ville, plutôt spontanée selon moi, avec des méta-règles, des règles qui se fabriquent en fonction du projet et des besoins partagés, suite à des négociations. Une ville organique, c’est avant tout la relation entre l’individu et l’environnement, ce que nous pourrions nommer écologie de l’habiter. De nombreux précurseurs, tels que Patrick Geddes (1854-1932) ou Lewis Mumford (1895-1990), se sont inspirés de la biologie du vivant pour organiser les territoires, mettant en avant une citoyenneté active, accordant plus de liberté aux usagers et aux initiatives individuelles, en tenant compte de l’environnement. La ville organique est souvent associée aux villes spontanées, aux villes informelles, celles qui se dessinent sans plan, au gré des opportunités foncières, avec les habitants qui sont dans une dynamique de survie pour se loger. Au Mexique, à Madagascar, j’ai pu les étudier, les visiter : je les considère très vivantes, organiques mais malheureusement ne fonctionnent pas avec la rationalité des réseaux urbains qui eux doivent être rectilignes… Rappelons-nous cette formule de Le Corbusier: « La rue courbe est le chemin des ânes, la rue droite le chemin des Hommes. »

La situation présente n’est pas une catastrophe naturelle, industrielle ou martiale mais organique pourrait-on dire, puisqu’un virus en est à l’origine. Or un virus mute, la ville doit-il prendre exemple sur le virus et devenir mutable, elle aussi ?

Oui évidemment la ville doit devenir mutable, muter, pouvoir se construire dans un processus en mouvement… Cependant une ville qui mute en permanence m’interroge. Elle peut signifier le chaos, la guerre. J’aime la théorie « des équilibres ponctués » (1972) de Jay Goud et Nils Elredge, des paléontologues américains, qui ont étudié la nécessité de périodes stables pour accueillir des périodes de grands changements où les espèces évoluent et où de nouvelles apparaissent.

Peut-être ce virus révèle-t-il le début d’une période de grands changements et l’apparition de fortes transformations ? Le désert des métropoles et le développement de magnifiques bio-régions ?

[Anne Durand]

Conditions de la mutabilité

Vous identifiez trois conditions de la mutabilité urbaine, quelles sont-elles ? Sont-elles réunies aujourd’hui ? Si oui, quelles mutations induisent-elles ? 

Afin de rendre opérationnel le concept de mutabilité urbaine, j’ai en effet envisagé trois premières conditions. Il ne s’agit pas d’une liste de bonnes pratiques mais de bases pour peu à peu faire autrement.

Condition Une : accueillir le changement. Cela nécessite de créer un cadre avec des méta-régles : des règles qui se fabriquent avec les situations, comme je le disais plus haut. Le récit commun forme une base, elle implique d’ores et déjà d’écouter l’autre, d’accepter la différence pour une histoire commune. D’un point de vue spatial et à l’échelle territoriale, accueillir le changement signifie élaborer des plans non figés, soit l’inverse des plans de masse où chaque immeuble est dessiné avant de savoir ce qu’il accueillera. Le plan doit pouvoir s’adapter avec le temps et les besoins et non l’inverse. Je fais référence aux plans-guide qui devraient pouvoir comme son nom l’indique, guider, sans imposer, comme lors d’un voyage. Or actuellement très peu de plans-guide savent orienter sans imposer. Avec leur volonté de toujours tout maîtriser, les architectes et les aménageurs ne savent pas réellement faire cela. C’est épuisant et contreproductif. Sans oublier le fameux bilan financier qui régit la majorité des aménagements des villes et constitue l’un des problèmes des villes actuelles, souvent trop denses, dépendantes de tableaux excel.

La crise doit devenir un moment décisif pour cesser de penser les villes comme des produits financiers.

Condition Deux : accepter l’incertitude – de manière tonique et positive – comme le dit Edgar Morin. La propagation fulgurante de la covid-19 nous a installés dans une situation de totale incertitude et celle-ci sera de plus en plus fréquente. Il s’agit alors de transformer l’incertitude en élément structurant dans les projets, dans nos vies. Chose pas toujours aisée, certains préfèrent l’habitude, le rituel plus rassurant. Alors nous avons à apprendre d’autres cultures, dont le temps n’est pas linéaire mais circulaire, sans fin.

L’impermanence constitue l’un des maîtres mots de la mutabilité : rien n’est jamais permanent et dans ces situations instables, les villes doivent être dans l’accueillance.

Il s’agit d’un véritable changement de paradigme, d’état d’esprit par rapport à l’aménagement de ces dernières décennies… Se donner le droit d’expérimenter, « faire l’essai », poser des hypothèses sans connaître le résultat. L’incertitude impose le droit à l’erreur, et il est important de l’envisager comme un apport de connaissance pour la suite du processus. Le temps présent devient le temps de tous les possibles… Octavio Paz le décrit comme le temps qui réunit le passé et le futur, un temps très dense. Ne le manquons pas !

Un exemple en ce moment à Paris illustre cette adaptation aux contraintes du temps présent marqué par la covid-19, celui des terrasses improvisées par les restaurateurs sur les places de parking face à leur restaurant. Le résultat est plutôt festif et créatif d’ailleurs. C’est un exemple de mutabilité spontanée, qui redonne vie à la ville.

Condition Trois : mettre en réseau les initiatives locales, car une ville mutable nécessite un fort investissement des habitants pour donner corps à des lieux. Les initiatives sont nombreuses et souvent isolées, peu connues.

Il s’agit alors de les envisager en terme d’interdépendance, en rhizome, c’est-à-dire sans hiérarchie.

Avec la covid-19, il y a eu un nombre fou de mises en réseau et c’est cela qu’il faut favoriser de manière permanente. Je pense par exemple à l’initiative d’Ecotable, une association qui réunit des acteurs du champ à l’assiette et défend une alimentation responsable – des chefs cuisiniers ont réalisé pendant le confinement plus de 500 repas par jour en Ile-de-France pour les soignants. Cette opération a fonctionné aussi grâce à cette mise en réseaux et à une belle communication.

Ces trois conditions ne sont pas réunies aujourd’hui, faute de pouvoir inventer sans être trop souvent réprimandé. La règle régit nos actions, que ce soit dans la fabrique des villes, des bâtiments ou dans notre quotidien. Nos modes de construire devraient être beaucoup plus sobres, économes en moyens si l’on veut non plus préserver notre planète mais la sauver. Or cela est devenu de plus en plus difficile. Un nombre de règles absurdes – portées par des lobbies – vont à l’encontre du bon sens et de la frugalité. Je pourrais parler ici des ventilations double-flux, des triples vitrages pour soi-disant être économe en énergie…

De manière plus large, dans cette période de déconfinement, je lis un autoritarisme de plus en plus fort et centralisé, édictant des règles de vie pour la France entière au jour le jour – l’inverse d’une ville mutable. Heureusement, les initiatives restent fortes et l’acceptation de l’incertitude devient une évidence joyeuse ! Désormais il s’agit de savoir construire avec, ce qui nécessite d’inverser nos regards et cela peut prendre du temps !

[Anne Durand]

Urbanisme tactique

L’urbanisme tactique est largement plébiscité ces jours-ci comme étant la solution au déconfinement avec son produit miracle : la piste cyclable temporaire supplémentaire. Qu’en pensez-vous ?

Les modes de production des villes sont le reflet de nos modes de pensée, de produire ou de consommer et j’ose croire que nous sommes dans une phase de transformations depuis quelques années. La planification rigide ne fait plus consensus, il s’agit d’un mode de faire révolu. De nouvelles manières de fabriquer la ville émergent en Europe notamment : urbanisme participatif, urbanisme transitoire, urbanisme tactique. Ces formes d’urbanisme apportent des réponses au problème du temps présent par des adaptations temporaires. L’Homme sait être responsable et inventif lorsqu’on lui en donne la possibilité. Par exemple, au lieu de fermer les parcs dans les grandes villes françaises et en particulier en Ile-de-France, nous aurions pu proposer des mesures de distance physique (et non de distanciation sociale – quel terme ô combien inadapté !) comme cela a été réalisé au Domino Park à Brooklyn avec des cercles dessinés à la craie sur l’herbe afin d’éviter les proximités entre groupes. Il s’agit d’un exemple de temporalité courte, qui rappelle l’adaptation inventive nécessaire pour fabriquer nos villes.

Ces tendances doivent dépasser l’aspect événementiel et artistique pour constituer une réelle attitude pour fabriquer les villes, en valorisant les richesses locales.

Je pense ici aux petites villes, qui ont besoin de dynamiques, parfois sur des temps courts pour raviver leurs énergies éteintes. Par exemple, le programme « Villages généreux » initié pendant le confinement offre des vacances aux aides-soignants et à leurs familles dans des villages de moins de 2 000 habitants. L’association active, recherche des subventions, des partenariats.  À travers un projet social généreux, ils redynamisent des centre-bourgs désertifiés, allument une petite étincelle avec ces nouveaux venus qui auront envie de découvrir les alentours et qui sait… peut-être ces actions auront des conséquences majestueuses à moyen terme !

Halte à la métropolisation

À plus long terme, quelles leçons l’urbanisme doit-il apprendre de cette crise sanitaire et écologique ?

Apprendre à s’adapter, à accueillir l’incertitude de façon positive. Cette crise doit avant tout apprendre aux faiseurs de villes à penser des territoires qui puissent accueillir le changement, à être sobres dans leurs réponses. Ne pas être seulement coercitif mais rester à l’écoute des habitants, des usagers, car si un territoire est un objet physique, il est aussi un espace vécu, façonné par l’humain et ses codes.

La première leçon de la codiv-19 pour l’urbanisme est de cesser de densifier et de bétonner, cesser de penser l’aménagement des villes comme des produits financiers, avec des bilans à équilibrer qui ne profitent qu’au plus petit nombre. Le système est à bout. Nous vivons une dérive de la ville rentable, avec la hausse des loyers, du foncier, l’éviction des habitants les plus pauvres, la confiscation des espaces publics par l’intermédiaire de certains instruments urbains comme les BID (Business Improvment District).

Halte à la métropolisation ! Halte à la compétition entre grandes villes sur des semblants de marketings territoriaux !

Une ville dense n’est pas aussi durable qu’on a voulu le penser.Le confinement a révélé une nécessité d’espaces extérieurs, de nature, d’horizons et peut-être l’absurdité de l’accumulation, de l’entassement, de la course au temps.

Les petites et moyennes villes à proximité d’espaces naturels praticables ont le vent en poupe. Investissons-les en tant que villes avec des espaces publics généreux, des villes en relation avec leurs espaces naturels !

Enfin et j’aurais pu démarrer par cette leçon : retrouver une échelle de proximité. Les questions du circuit-court, du consommer local sont devenues des notions de base pour ceux qui s’intéressent à l’empreinte écologique de notre planète et c’est bien cela que j’enseigne à mes étudiants : réfléchir à des villes qui soient inclusives, coopératives, afin de rompre avec le modèle productiviste et les délocalisations qui participent à la destruction de notre environnement. Penser les villes, c’est associer économie et écologie en déployant la  solidarité.

Tout l’enjeu est de mener des actions transversales et de dépasser une politique segmentée, fonctionnant en silo.

Propos recueillis par Martin Paquot

À lire

Anne Durand, Mutabilité urbaine. La nouvelle fabrique de la ville, « Archigraphy poche », Infolio, 2017, 250 pages, 15 euros.